Cogito ergo sum

Mon appartement de la rue 102, est contigu au Lycée Descartes de Phnom Penh et mes trois fenêtres donnent directement sur le plateau sportif de l’établissement scolaire. Je n’ignore plus rien de la pédagogie du basket, du volley ou du hand ball.

                                 Une des trois entrées du lycée (rue 96)

Les jeunes professeurs d’Education Physique et Sportive enseignent même jusqu’au coucher du soleil, puisqu’il fait nuit vers 17h45 alors que certains cours se terminent vers 18h : un vrai sacerdoce, la gymnastique de nuit, au clair de lune.

Le lycée Descartes va de l’école élémentaire à la Terminale. Il a été ouvert en 1951. La scolarité est payante et assez chère. Certains écoliers dont les parents français ont des revenus modestes bénéficient de bourses.

Le lycée donne sur trois rues : la rue 96 qui mène vers le Wat Phnom, la rue 61 avec l’entrée située juste en face de l’ambassade des Etats Unis d’Amérique, et la rue 102 qui est parallèle à la rue 96. Les rues 96 et 102 donnent sur le boulevard Monivong.

          L’entrée du lycée rue 102 pour les élèves du secondaire.

Les récréations sont interminables et bruyantes, les 585 marmailles déchaînées se défoulent généreusement pendant ces ponctuations ludiques où les neurones sont mis en hibernation alors que dans la cour le mercure affiche inexorablement les trente-deux degrés Celsius.

La fièvre monte rue 96, la double avenue du lycée qui se termine vers le Wat Phnom, la célèbre colline qui a donné une partie de son nom à la capitale khmère.

                            Le plateau sportif du Lycée Descartes rue 96

J’ai enfin trouvé le moyen de tempérer la fureur et le déchaînement des ces diables de chérubins. Je branche mon MP3 sur la télévision, et je mets la sono au maximum. L’ amplification des deux appareils SONY couvre le brouhaha des récréations du lycée.

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                             Gymnastique en musique dans une école khmère rue 102

Il semblerait que j’ai acquis une certaine audience, car on m’a baptisé « Radio Lycée ».

Evidemment, mes doux airs chaloupés et lancinants de Bossa Nova n’émeuvent guère ces écoliers du futur. Ils préfèrent ce qui bouge et je leur en colle du « Shout to the top » par The Style Council. Cela danse et se trémousse allègrement. Quelle énergie malgré cette chaleur.


Tout à l’heure, quand il faudra décliner « Rosa, la rose » en latin, le pauvre Descartes risque de se retourner dans sa tombe.


« Cogito, ergo sum » connais pas ! Au lycée français de Phnom Penh, c’est plutôt « je danse, donc je suis. »

Bernard – Colonial Mansion rue 102 – Décembre 2008 et Décembre 2013.

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