1975 et la suite, quelques livres

Je suis un aficionado de l’Institut français du Cambodge et de sa belle Mediathèque, rue 178 à Phnom Penh. Entre 2008 et 2020, j’ai lu presque tous les livres consacrés au Royaume. Surtout l’histoire et le drame des années 1970 à 1991.Les deux indispensables sont celui du père Ponchaud et celui de la veuve Ung Boun Hor. Mais il y en a beaucoup d’autres, instructifs et passionnants.

Ponchaud est un type qui n’a pas la langue de bois et qui, lui, mériterait vraiment le Panthéon. J’ai assisté à trois de ses conférences sur les années tragiques du Royaume.
Il était avec d’autres, comme le très contreversé Bizot, parmi les réfugiés de l’ambassade de France, le 17 avril 1975. Un des premiers aussi à prévenir l’Europe et les USA du danger des Khmers Rouges. Il n’a pas été entendu.

Il commence à se faire vieux et, depuis un an ou deux, quelque peu diminué suite à un AVC. J’ai une question importante à lui poser car il sait beaucoup de choses sur les événements de 1975, qu’il n’a jamais voulu révéler. Malheureusement, il est souvent soit en France, soit en brousse au Cambodge, où il vient en aide aux plus démunis. Je dois me hâter.

Le livre de la veuve Ung Bun Hor met en cause directement Giscard, Chirac et d’autres personnalités françaises. Ces gens n’ont rien fait pour sauver les réfugiés khmers de l’ambassade. Le vice-consul Jean Dyrac, abandonné par Paris, a dû livrer aux barbares les opposants Sirik Matak, Ung Bun Hor, la princesse Manivanne et son bébé, et quelques autres personnalités khmères. Embarqués le 19 avril en camion ou en jeep vers le Cercle Sportif et assassinés le jour-même à coups de pioche, semble-t-il. Leurs corps livrés aux cochons puis enterrés pour servir d’engrais. Affreux mais vrai. Deux millions de morts, le plus souvent de faim et de maladie, en quatre ans. Il faut absolument lire son livre. Et cette enquête de Cambodge-Soir, qui tente de répondre à cette question: Le 20 avril 1975, les hauts dignitaires républicains franchissaient le portail de l’ambassade de France vers une mort certaine. Un Français a-t-il trahi en informant les Khmers rouges de leur présence ? Les autorités françaises peuvent-elles être accusées de les avoir livrés ?

Le troisième livre date de 2005. Il y aurait plus de 400 ONG au Cambodge, un record mondial… et quelques questions.

Laurence Picq, épouse d’un khmer rouge, arrive de Pekin à Phnom Penh en juin 1975.
Elle va vite déchanter et vivre cinq années de peur au milieu des fous khmers rouges, puis de l’envahisseur vietnamien.

Excellent livre du père François Ponchaud, qui fut, dans sa jeunesse, parachutiste. Un véritable saint, un grand bonhomme.

Filippi sait tout sur le Cambodge. Il est deux jours par semaine à Kep et Kampot. Il fait le guide et en profite pour voir sa copine qui tient un resto de crabes à Kep : La mouette ou Seagull.

Lou Durand, excellent écrivain, fut le nègre de Paul-Loup Sulitzer.

Un livre introuvable acheté fort cher à Carnets d’Asie.

Guillebaud, excellent journaliste et écrivain.

Un livre indispensable pour essayer de comprendre le Cambodge.

On voit sur la jaquette de ce livre la photo de Francois Ponchaud. Cliché prise à Chruy Changvar, en face de Phnom Penh, en 1999. François Ponchaud a alors 60 ans. Il en a donc 81 en 2020.

Unique survivante de sa famille, Molyda a dicté à ses parents adoptifs le récit de l’agonie des siens sous le régime des Khmers rouges.

Frederic Amat est journaliste qui tient aussi un hôtel restaurant à Siem Reap. Il écrivait chaque semaine La chronique du Barang dans Cambodge Soir. Je ne l’ai jamais rencontré ne voulant plus retourner voir Angkor devenu un monstre touristique.

Bizot n’est pas le bienvenue au Cambodge. Pourquoi ? François Ponchaud a peut-être la réponse. Bizot est le seul européen prisonnier des khmers rouges à avoir été libéré. Tous les autres ont été tués. En janvier 1979, l’un des derniers, un yachtman américain en panne atterrit à Sianoukville. Il sera brûlé vif au milieu de pneus par les khmers rouges.

Cette publication concerne le sinistre Douch, responsable du S21, un des rares Khmers rouges à avoir été jugé et condamné. Il est en prison à Phnom Penh.

Un livre devenu rare, de Jean Éden Hallier, acheté une fortune, à l’excellente librairie d’Olivier Jeandel à Phnom Penh. Librairie contiguë de la médiathèque de l’IFM rue 178.
Ce libraire passionné a une autre librairie à Bangkok dans l’enceinte de la nouvelle Alliance Française, située près de Lumphini.

Au départ de Kampot en direction de Sihanoukville, une stèle commémore l’endroit de la maison où vivait Madame Donnadieu, la mère de Marguerite Duras. Elle avait obtenu, dans la commune de Prey Nop, une concession de 199 ha pour cultiver le riz, de 1925 à 1932.
Ces terres étaient malheureusement inondées par l’océan et donc impropres à toute culture.
C’est en souvenir de cette triste histoire que Marguerite Duras écrivit, de 1947 à 1949, son roman Barrage contre le Pacifique. De ce chef d’oeuvre, René Clément tournera en 1957 le film au titre éponyme, avec Silvana Mangano et Anthony Perkins.

Une autre version, plus connue, a été tournée en 2009 par Rithy Panh, avec Isabelle Huppert.