Les petits minous de la pagode Vat Than

Dans la ville de Phnom Penh, dire qu’il n’y a pas un chat, peut faire sourire quand on voit les rues bondées de véhicules en tout genre. Cette capitale abrite aujourd’hui plus d’un million d’habitants, et les motos, vespas et cyclomoteurs doivent égaler ce nombre tant ce moyen de locomotion a la ferveur des citadins khmers.

Par contre, si on prend l’expression « pas un chat » dans son sens premier, il en va tout autrement; les minous et les chiens sont rares au pays du Sourire. La gente canine paye un lourd tribut en alimentant certains restaurants de la capitale. En Extrême Orient, et à Phnom Penh en particulier, cela ne gêne personne qu’un roquet passe brusquement de vie à trépas, de la rue où il errait l’âme en peine, à la marmite accueillante d’un gargotier assassin. Qui va pleurer le sort de quelques milliers de toutous destinés aux fourneaux ?

En Chine, c’est encore bien pire, et mis à part peut-être le chien pékinois, tout bâtard en maraude est un mort en sursis. Dans les marchés de Canton tout ce qui a quatre pattes va vite finir sur l’étal d’un boucher au sourire tranche papaye et à la mine rubiconde.

Les chats ne se rencontrent que dans les pagodes. A Phnom Penh, celles-ci sont légion, on les appelle Vat ou Wat. Hors de l’enfer autoroutier, ce sont des espaces de calme relatif, des oasis de sérénité où les bonzes peuvent méditer mais aussi souvent dormir car il fait toujours très chaud dans cette ville.
Chaque Wat a son secret, chaque temple a son mystère, du plus grand le Wat Bottum au plus célèbre le Watt Lanka, du mieux situé le Watt Ounalom sur le bvd Monivong au plus excentré le Watt Toul Sovannara.(ou Watt Saravann). Tous ont de jolis jardins avec leur spécificités botaniques. Tel temple, près du quartier vietnamien, à l’angle des rues 118 et 107, possède de magnifiques arbres Koki (Hopea odorata), tel autre s’enorgueillit de ses splendides Ixoras odorants, celui qui jouxte le marché Kandall est célèbre pour ses Gardénias endémiques, d’autres cultivent avec soin le Malis qui est la fleur reine du Cambodge.

Sur le boulevard Norodom, pas très loin du restaurant Topaz situé au numéro 182, se trouve une pagode peu connue : le Wat Than.

                                         Wat Than Norodom

Cette pagode est un véritable refuge pour chats errants, sans Dieu ni maitre, peu désireux de finir en civet dans un restaurant de la capitale khmère.Les bonzes les nourrissent mais peut-être que certains minous pour améliorer l’ordinaire, fréquentent-ils, la nuit venue, l’arrière des cuisines du restaurant Topaz. Seul Alain Darc, le chef de ce restaurant renommé connait, peut-être, la réponse.

                Quelques minous sur les colonnes et escaliers du Wat Than

Une dame charitable, un peu vétérinaire, vient parfois aider les moines à soigner les greffiers malades, les grands blessés de guerre ou les accidentés de la route.

Elle est aussi une mère nourricière pour cette cohorte de félins affamés.

D’autres minous n’aiment pas cette promiscuité et préfèrent faire table à part; Comme ce solitaire tigré devant son écuelle vide.

Parfois on peut apercevoir un chat allongé au milieu des bonzes en pleine prière. A quoi peut bien rêver ce félin solitaire entouré d’un monde orange ?

Tous les chats du quartier l’ont bien compris, ce Wat Than Norodom est leur refuge et leur temple favori. Et même s’ils ne sont pas adeptes de Bouddha, pas question de bouder les bonnes gamelles des gentils bonzes.


Les chats sont en grande confiance dans cette pagode du boulevard Norodom.

Les moines les protègent et par un langage qui leur est propre, leur recommandent de ne pas sortir du temple. Le trafic à l’extérieur est ininterrompu et dangereux pour tout félin qui s’y aventurerait.

Bernard – Phnom Penh le 7 janvier 2012

Requiem pour un Gnome

Peu de gens connaissent, dans la capitale khmère, mon copain Tren qui, pourtant, apparait deux fois dans le beau film « Same same but different ».                        

J’ai consulté attentivement la fiche cinématographique de ce long métrage allemand de 2009, mais son nom n’apparait nulle part. Pas  plus que dans le  générique du DVD où l’on mentionne généreusement les auteurs des chansons : Noir Désir, Louise Attaque, Yves Montand, Franz Schubert.                               

Tren est aussi connu sous le nom de son personnage dans le film : « So Pheap ». Il est très fier quand on l’appelle par ce patronyme et qu’on lui dit qu’il est une « movie star » mondialement connue.

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Dinosaures

Vers 1996, je suis à Majunga avec une copine. 100 km de voiture pour un site exceptionnel où l’on trouve des os de dinosaures. J’aurais pu en remplir un camion. Je me suis contenté de deux morceaux d’un fémur de Bothriospondylus madagasriensis et, miracle, j’ai pu les sortir du pays. En 2020, on me mettrait en prison.

Samba pour Sambo

Sambo est à la fête en ce beau dimanche 17 janvier. Une centaine de personnes se sont déplacées au Wat Phnom pour célébrer son anniversaire dans le jardin ombragé qui ceinture la célèbre colline de Phnom Penh. Sambo est une grosse dame de 50 ans, qui est encore célibataire et qui a dévoré, toute seule, son énorme gâteau confectionné à base de fruits de saison (bananes, mangues, papayes). La quinquagénaire est en effet végétarienne sans pour autant être adepte des régimes amincissants du type « Weight Watchers ».

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